Entretien avec Bruno GUILLET : comment réduire la pollution de l’air intérieur ?


Bruno GUILLET est géobiologue et gérant chez GéoBiom’ qui propose des solutions éco-responsables d’amélioration de la qualité de l’air intérieur. Passionné par son métier et engagé pour la protection de l'environnement et la valorisation des savoir-faire locaux, il a accepté de partager sa vision, son expérience et ses solutions dans un entretien avec LesÉchosLogiques.


LesÉchosLogiques (L.E.L.) : Quels sont les effets de la pollution intérieure sur l’individu ? Quels sont les signaux qui doivent nous alerter ?


Bruno GUILLET (B.G.) : L’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué qu’à l’extérieur. Dans un tel environnement, notre organisme va rapidement montrer ses limites. Les premiers signaux peuvent être :

· des maux de tête récurrents ;

· une fatigue inexpliquée ;

· des troubles du sommeil ;

· une baisse de la concentration ;

· des rhinites, le nez qui coulent, les yeux qui piquent...


Les occupants ont instinctivement besoin de « sortir s’aérer » afin d’apaiser la sensation d’étouffement. Le problème ne date pas d’hier, mais la prise de conscience tarde à s’imposer à France. Notre société repose sur plusieurs idées préconçues qui font obstacle au déploiement de solutions qui relèvent pourtant du bon sens. Parmi ces barrières : la prévalence de la médication sur la prévention. S’ajoute à cela, l’aspect de la gratuité du soin qui entraîne une certaine résistance à investir financièrement dans sa santé. Plus généralement, les individus sont peu enclins à considérer un problème « invisible ». La pollution chez soi ne se voit pas. Une citation qui résume bien la situation actuelle est : « Plus on s'obstine à contester une nouveauté, plus on retarde l’évidence de sa réalité ».


La question de la pollution de l’air intérieur est plus que jamais essentielle pour garantir notre qualité de vie au quotidien. Nous passons environ 80 % de notre temps en espace clos, dans des bâtiments rendus de plus en plus hermétiques par souci d’économie d’énergie. En parallèle, nous perpétuons collectivement de mauvaises habitudes qui accentuent encore le problème. D’ici 2050, au rythme actuel, 1 personne sur 2 aura développé des problèmes allergiques. Sachant, que le système respiratoire se développe principalement jusqu’à l'âge de 7 ans, il est encore temps d’inverser la tendance pour nos enfants.

L.E.L. : Quelles sont les solutions à mettre en place pour réduire cette pollution intérieure ?


B.G. : Nous avons deux grands axes : éliminer au maximum les sources d’émissions néfastes pour la santé et lutter contre les polluants déjà présents. Le logement abrite toute sorte de supports fortement émissifs :

· le mobilier neuf constitué de panneaux de bois aggloméré, chargés en formaldéhyde (substance hautement toxique) ;

· les peintures qui émettent des composés organiques volatils (COV) ;

· les matelas concentrant un niveau élevé d’acariens et allergènes ;

· les produits d’entretien et les aspirateurs qui diffusent un concentré nocif de particules à travers les pièces ;

· les systèmes de chauffage mal entretenus exposant les occupants à un risque d’intoxication...


Aménager l’espace avec des meubles de seconde main est un bon moyen de limiter les concentrations nocives, particulièrement actives dans les premières semaines, voire premiers mois d’utilisation. Si vous disposez d’un garage ou d’un abri, vous pouvez y entreposer vos meubles neufs afin qu’un maximum de COV puissent être évacués en dehors du logement. Les matelas, doivent être régulièrement aérés comme le faisaient nos anciens. Sans quoi, avec le temps, les polluants qu’ils concentrent finissent par tomber au sol. En contact avec une surface lisse - hors moquettes - ils poursuivront leur cycle dans l’air que nous respirons.


Pour le bâtiment, c’est au moment de la construction ou de la rénovation qu’il faut faire les bons choix. Les matériaux biosourcés issus de ressources naturelles, auront nécessairement un meilleur impact à long terme. La ventilation (VMC) joue également un rôle crucial, notamment dans les bâtiments affichant un niveau d'isolation élevé. Le type d'installation à privilégier dépend toutefois du contexte. Par exemple, la VMC double flux, peut être pertinente en ville, mais ne présente pas d’intérêt dans une maison de campagne située dans un environnement plus sain. En tant que géobiologue, mon but est de mettre en sécurité chacun des occupants d’un lieu et d’optimiser leur bien-être et leur santé.



Où se trouvent les environnements les plus sains pour l’humain ? À proximité des espaces naturels - forêts, cascades, bords de mer - nous respirons un air purifié. Aujourd’hui, les scientifiques sont en mesure d’apporter des réponses technologiques inspirées des phénomènes observés dans la nature. C’est le biomimétisme. Certains végétaux, mais aussi le frottement entre l’air et l’eau ou entre l’eau et la roche, entraînent des réactions physiques créatrices d’ions négatifs. Les atmosphères lourdes et pesantes, sont à l’inverse particulièrement chargées en ions positifs : c’est le cas juste avant l’orage. Les appareils d'ionisation de l’air fonctionnent en créant des ions négatifs qui entreront naturellement en contact avec les particules, même les plus fines. Cela inclut, les agents polluants, jusqu’aux particules fines ainsi que les bactéries et les virus. Les particules nocives ainsi chargées sont alors attirées par les surfaces. Elles ne sont plus en suspension dans l’air et pourront être évacuées par une simple séance de ménage. Inutile de contaminer l’air avec des produits d’entretien, un chiffon en microfibre et un peu d’eau suffisent. L’eau est le meilleur des filtres, d’où cette sensation d’air pur après la pluie. Cet élément gagnerait à être utilisé dans certains appareils qui composent nos foyers : notamment les aspirateurs et les purificateurs d’air. Chez Géobiom’, nous proposons deux appareils complémentaires. Le purificateur d'air par ionisation « Teqoya » plaque les particules sur les surfaces, empêchant leur stagnation dans l’air, et le système de filtration à l’eau « Rainbow » vient finir le travail de nettoyage. Cette dernière étape peut être agrémentée d’huiles essentielles savamment dosées afin de diffuser une odeur agréable.


L.E.L. : Quels sont les avantages de ces solutions sur les systèmes de purification par filtration ?


B.G. : Les ioniseurs et les filtres à eau sont des solutions durables. Un ioniseur Teqoya fonctionne en continu 24h/24, 7j/7, pendant au moins 10 ans, tandis que les appareils à filtre demandent de nouvelles dépenses à chaque renouvellement. Cela signifie qu’une part du budget est systématiquement dédiée à l’épuration de l’air, sachant que les filtres les plus efficaces sont aussi les plus chers. Avec une solution qui repose sur des consommables - comme les filtres - l’utilisateur n'investit pas dans la qualité de l’air, il la loue sur de courtes périodes. C’est une manière d’aborder la purification : soit on est locataire de son air, soit on en est propriétaire.


Et où va l’argent ? L’usage des consommables, pose la question des procédés de fabrication par des industries souvent délocalisées et celle du traitement des déchets sur le lieu de consommation. Les technologies proposées par GéoBiom’ sont produites en France, valorisant ainsi le savoir-faire de nos territoires. C’est l’ingénieur Pierre Guitton - dont la fille souffrait d’asthme - qui a décidé d’améliorer les systèmes de purification par ionisation afin de développer des appareils français, sans polluants, silencieux et éco-responsables.


Malgré ces avantages, certains utilisateurs restent réticents lorsque le résultat de la purification ne se voit pas à l'œil nu, et préfèreront jeter un filtre noirci par les polluants. Là aussi, cette satisfaction est très ancrée dans notre société, et ce n’est pas forcément le cas à l’étranger. Au Portugal, où les technologies de GéoBiom’ s’exportent en grande quantité, les acteurs de la qualité de l’air et ceux du milieu médical ont dépassé ce réflexe et s’inscrivent davantage dans une démarche durable et éco-responsable.


L.E.L. : Ces technologies peuvent-elles faire la différence afin de respecter les seuils de pollution recommandés dans certains espaces clos accueillant du public ?


B.G. : Oui. Les mesures effectuées en espaces clos, avant et après la pose de nos appareils, ont démontré une nette amélioration de la qualité de l’air. Dans une crèche d’Ile-de-France, en l’espace de 4 mois d'ionisation de l’air, nous avons divisé par trois le niveau de pollution intérieure. Des tests ont également été menés dans la lutte contre la propagation des virus et bactéries. Résultats : une réduction de 75 % de la charge virale a pu être observée sur le virus de la grippe A (H1N1). L’efficacité est là. Ce qui fait défaut au niveau de la réglementation aujourd’hui, c’est la valorisation des produits à faible impact environnemental. Sans ce critère, l’usage des appareils à filtre risque de rester prépondérant, au détriment de l'environnement.



Corinne Garnier

DÉCOUVREZ LES SOLUTIONS DE PLANETE ENER-J 
POUR TOUS TRAVAUX DE RENOVATION ECOLOGIQUE
REALISEZ VOS ETUDES THERMIQUES ET QUALITE DE L'AIR AVEC OXIVI 

Inscrivez vous à notre newsletter

  • Facebook
  • Twitter
  • YouTube

© 2020 par Planète Ener-J & Oxivi. Créé avec Wix.com