Le coronavirus est-il moins dangereux que la pollution de l’air ?

Le 16 mars 2020, nous étions 36 millions de français devant nos écrans de télévision écoutant attentivement l’allocution du Président Emmanuel Macron pour une annonce inédite dans l’Histoire de France. Pour la première fois, nous devons revoir l’ensemble de nos habitudes et rester chez nous pendant plusieurs semaines, pour freiner la propagation de ce virus planétaire.

Avec la restriction de nos déplacements, les professionnels de santé constatent rapidement une diminution de la pollution de l’air. Les enjeux liés à la pollution de l’air intérieur et extérieur prennent de plus en plus d’ampleur et interpellent désormais plus largement le grand public.


La pollution de l’air: un danger invisible


La pollution atmosphérique représente l’un des plus grands maux de notre siècle, bien plus que la crise sanitaire actuelle. Depuis des décennies, notre consommation liée à nos activités humaines (chauffage, trafic routier, agriculture et industries…) engendre une forte altération de notre qualité de l’air extérieur.

Toute cette consommation quotidienne entraine l’émanation de substances chimiques dans l’air que nous respirons, en plus ou moins en grandes quantités. Notre air se retrouve alors contaminé par des agents chimiques, physiques ou biologiques, toxiques pour l’Homme. La concentration de ses polluants restent ainsi en suspension dans l’air et deviennent un véritable fléau pour notre santé.



La pollution de l’air: une bête noire pour la santé


Quand on sait que 9 personnes sur 10 respirent un air pollué selon l’Organisation Mondiale de la Santé, il y a de quoi se poser des questions sur la qualité de l’air que nous respirons et sur les dangers qui en découlent.

Retenons que ce mal invisible provoque chaque année :

48 000 décès prématurés en France, soit 9% de mortalité et une perte d’espérance de vie à 30 ans pouvant dépasser 2 ans.

Étude « Santé Publique France »

4,2 millions de décès prématurés provoqués dans le monde, estimés en 2016, par la pollution de l’air extérieur dans les zones urbaines, périurbaines et rurales.

600 00 décès d’enfants suite à des infections aiguës des voies respiratoires inférieures dues à la pollution de l’air.

Organisation Mondiale de la Santé, 2018

Sans compter qu’une mauvaise qualité de l’air attaque non seulement nos organes vitaux mais elle provoque aussi des maladies cardiovasculaires, respiratoires ainsi que des cancers. Plus connu, l’asthme ou encore la pneumonie se révèlent être pour exemple, une conséquence directe de la pollution atmosphérique.

Des chiffres alarmants qui touchent l’ensemble des pays dans le monde, quel que soit le niveau de vie ou le nombre total d’habitants.

Et oui, la pollution ne reste pas figée à un endroit précis. Les polluants sont en perpétuels mouvement représentant un risque sanitaire et environnemental majeur.



Des polluants en nombre dans notre quotidien


Nous pouvons distinguer deux grands types de polluants. Nous recensons les polluants naturels rejetés par la nature et les polluants générés directement par des sources de pollution émises par l’Homme.


Les particules ou les gaz des principaux polluants naturels


La foudre, qui génère de l’ozone et du dioxyde d’azote ;

Les volcans, qui demeurent responsables des rejets en grandes quantités de gaz et de particules ;

Certaines plantes à pollen, qui provoquent des allergies respiratoires ;

L’érosion, qui entraine la propagation de poussières.


Les polluants produits par l’homme


Les particules

Elles restent particulièrement dangereuses de par leur nature chimique et de par leur taille. Plus elles sont fines, plus elles se démontrent menaçantes pour notre santé, du fait qu’elles s’introduisent beaucoup plus facilement à l’intérieur de nos organes.

Quelques gaz

les oxydes d’azote* (NOX), l’ozone troposphérique (O3), l’ammoniac (NH3), le dioxyde de soufre (SO2) et le monoxyde de carbone (CO)…

Les Composés Organiques Volatils (COV)

le benzène, le formaldéhyde et l’isoprène…

Les polluants organiques persistants (POP)

Ces polluants sont extrêmement tenaces chez les êtres vivants et se transmettent facilement d’un organisme à un autre. Si un poisson absorbe des POP et que nous l’ingérons à notre tour, nous les emmagasineront dans notre organisme.

les métaux lourds

le plomb, le mercure, le cadmium, le nickel…

Répertoriés comme cancérigène par l’Union Européenne, leurs émissions proviennent généralement de nos activités d’incinération des déchets et des usines métallurgiques.

Les polluants biologiques

les légionnelles, les pollens, moisissures (notamment ceux retrouvés dans nos logements)…

Au vu du nombre de morts causés par la mauvaise qualité de l’air chaque année, la pollution atmosphérique apparaît aujourd’hui beaucoup plus hors de contrôle que le coronavirus lui-même. Les impacts sanitaires et environnementaux causés par la pollution de l’air doivent nous alarmer tout autant, si ce n’est voire plus, que la crise actuelle que nous traversons.*



Le Covid-19, moins virulent que la pollution de l’air ?


Nous avons bien sûr raison de nous inquiéter du virus. Au 08 septembre 2020, nous relevons 30 780 personnes décédées par l’épidémie en France contre 897.980 morts dans le monde mais le nombre de décès s’avère en baisse à contrario du nombre de morts lié à la mauvaise qualité de l’air qui quant à lui, ne diminue pas chaque année dans le monde.

Sachant qu’en 2016, 91% de la population mondiale vivaient dans des endroits où les lignes directrices de l’OMS relatives à la qualité de l’air extérieur n’étaient pas respectées, les conséquences quotidiennes sur notre santé en sont plus que préoccupantes.

De plus, cette année encore selon l’ADEME : « dans plusieurs zones urbaines françaises, les valeurs limites fixées par les directives européennes ne sont toujours pas respectées pour les polluants de dioxyde d’azote et de PM10. » Ce dépassement inquiète d’autant plus l’Organisation Mondiale de la Santé qui recommande des valeurs encore inférieures aux valeurs réglementaires.



L’impact de la baisse de l’activité humaine sur la pollution de l’air pendant le confinement


Pendant le confinement, nous avons pu constater clairement le lien direct entre le ralentissement de nos activités économiques et l’affaiblissement de la pollution de l’air extérieur. Des chercheurs ont d’ailleurs mis en lumière que les niveaux de dioxyde d’azote et de particules fines ont diminué respectivement de 40% et de 10% en avril dernier, en se basant sur les années précédentes du niveau de pollution.

L’économie mondiale étant à l’arrêt, il en va même pour le dioxyde carbone d’origine fossile. La revue scientifique britannique, Nature Climate Change, relève notamment qu’entre le 1er janvier et le 30 avril 2020, nous avons obtenu une baisse significative de 9% des émissions de CO2. Ce qui représente tout de même plus d’1 milliard de tonnes en moins relâchés dans l’atmosphère, pour la plus grande satisfaction de nos organismes.

De fait, si nous obtenons une amélioration de la qualité de l’air, nous ne sauvons pas seulement le climat mais nous sauvons avant tout des vies.

Selon une étude publiée en avril 2020 par le Centre de Recherche sur l’Énergie et l’Air pur (CREA) :

11 000 décès auraient été évités en Europe contre 1230 décès en France, en l’espace d’un mois lors du confinement, en réduisant la pollution atmosphérique.

Seulement, la pollution atmosphérique ne reste malheureusement pas qu’à l’extérieur de nos logements. Peu importe où nous nous trouvons, nous respirons 15000 litres d’air par jour en moyenne. La pollution de l’air intérieur existe tout autant et les risques pour notre santé n’en sont pas moins minimisés.


La Pollution de l’air extérieur, indissociable de la pollution de l’air intérieur


En temps normal, nous passons déjà plus de 80% de notre temps dans des espaces clos. En étant confiné, on vous laisse imaginer ce qu’il s’est passé… Nous pensons souvent être plus en sécurité chez soi face à la pollution de l’air extérieur. Mais en vérité, notre qualité de l’air intérieur est jusqu’à 8 fois plus pollué que la qualité de l’air extérieur et il n’existe pas moins de 900 substances chimiques au sein de nos logements.

Notre intérieur est certes composé de 30 à 70% de l'air extérieur mais nous devons penser à ajouter à cela toute la pollution de l’air intérieur :

La cuisson de nos aliments, les produits ménagers, les sprays, les bougies et encens que nous utilisons ou encore une mauvaise ventilation voire une non-ventilation du logement mais aussi la fumée de tabac… sont autant de causes qui polluent la qualité de l’air intérieur.

Toujours selon l’OMS, outre la pollution de l’air extérieur, la fumée domestique représente un grave risque sanitaire pour environ 3 milliards de personnes qui font cuire leurs aliments, chauffent et éclairent leur logement à l’aide de combustibles à base de biomasse, de fuel et de charbon.

Au vu des dangers liés à la pollution de l’air intérieur et extérieur, nous entendons beaucoup plus parler actuellement du coronavirus alors que nous n’avons jamais mis autant en avant les problèmes sanitaires et environnementaux causés par tous les phénomènes de pollution de l’air. Le mot virus est un mot qui fait peur aux populations alors que lorsque nous parlons d’air, il nous paraît généralement plus inoffensif. Pourtant cet air, c’est celui que nous utilisons partout, tout le temps, et il nous permet littéralement de vivre. Peut-être que nous devrions davantage craindre les conséquences d’une mauvaise qualité de l’air pendant ces prochaines années que le coronavirus lui-même ?

Il est déjà possible de diminuer certaines sources principales de pollution citadine si nous optons pour des transports déjà plus écologiques ; si nous nous tournons vers des solutions plus durables concernant la production d’électricité et d’industries à haut rendement énergétique ; et si nous favorisons la construction et la rénovation de logements non seulement durable mais aussi sain en terme de qualité de l’air pour notre santé.



Marie Legros






SOURCES


https://www.who.int/topics/air_pollution/fr/

https://fr.statista.com/statistiques/1101667/contaminations-guerisons-morts-coronavirus-france/

https://coronavirus.app/map

https://www.mtaterre.fr/dossiers/pourquoi-notre-air-est-il-pollue/polluants-leurs-origines

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-pollution-air-en-10-questions.pdf

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/infographies-covid-19-morts-hospitalisations-age-malades-l-evolution-de-l-epidemie-en-france-et-dans-le-monde-en-cartes-et-graphiques.html

https://particuliers.ademe.fr/la-pollution-de-lair#:~:text=La%20pollution%20de%20l'air%20aux%20particules%20fines%20est%20responsable,et%20%C3%A0%20l'ozone%20troposph%C3%A9rique.

https://www.alliance-ecologiste-independante.com/En-reduisant-la-pollution-de-l-air-le-confinement-aurait-evite-11-000-deces-en-Europe-en-un-mois_a331.html

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/29/en-reduisant-la-pollution-de-l-air-le-confinement-aurait-evite-11-000-deces-en-europe-en-un-mois_6038187_3244.html

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-confinement-en-europe-a-reduit-la-pollution-de-l-air-de-quoi-eviter-le-deces-de-plus-de-11000-morts-en-un-mois?id=10492962

https://www.lci.fr/planete/pollution-environnement-en-chute-libre-depuis-des-mois-les-emissions-de-co2-vont-elles-depasser-leur-niveau-d-avant-crise-2154257.html



Nombre de morts liés au Coronavirus - Santé Publique France




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